survivre

SURVIVRE

étape 1

Santarcangelo • 14

Teatrino della collegiata


Santarcangelo di Romagna
venerdì ore 19.00; 21.00; 23.00 - sabato ore 19.00; 20.00; 22.30 - domenica ore 20.00; 21.00; 22.30

http://santarcangelofestival.com/as14/

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SURVIVRE (étape 1) / Un rendu de recherche

C’est dans le cadre d’une démarche de collaboration européenne que la compagnie française Pardès rimonim et la compagnie italienne Menoventi se sont rencontrés et ont pu collaborer autour d’un travail de recherche artistqiue. Ce laboratoire est le premier geste commun des deux compagnies. La première tentative de confronter leurs envies, leurs savoirs-faires, leurs traditions théâtrales. Leur première esquisse.
Les deux compagnies ont manifesté l’envie de poursuivre ces temps de travaux communs, qui nourrissent leurs recherches, et d’aller au bout du geste entamé en créant un spectacle commun : « Survivre ».

Intentions
Sur fond de crises financières, d’attentats terroristes, d’ouragans, nous constatons l’avancée de la pensée catastrophiste, qu’elle s’exprime dans la crainte du déclenchement d’une guerre mondiale, d’une attaque nucléaire, de l’effondrement des états ou plus simplement de la fin du monde. Qu’est-ce qui se montre du monde là-dedans ? Comment, au sein de la crise du monde, puis-je continuer à désirer et à confronter mon désir à celui des autres ? Quels manques sont nos mobiles pour agir ? Qu’est-ce que c’est vraiment que cette chose que nous avons en nous et qui nous pousse à vivre malgré tout ?
Face à la catastrophe, les questions existentielles et métaphysiques remontent. Et c’est cette suspension forcée du temps qui nous intrigue et que nous voulons cerner. Survivre dans nos sociétés où tant de choses nous poussent à agir autrement mais où nous nous rattachons à la conservation du peu que nous avons encore, tout autant que survivre dans le monde théâtral, dans les arcanes de sa production. Quelle partie du monde nous appartient encore ? Sur quels sujets pouvons-nous être encore opérant ? Soit l’éternelle question QUE FAIRE ? Tant dans notre vie, que dans nos choix politiques ou au théâtre…
Face à ces questions, une piste s’est imposée, celle de la copie. La copie comme réponse formelle à la question de l’invention aujourd’hui. Comme si face à l’impossibilité d’inventer une forme nouvelle, nous nous résolvions à ne plus faire que copier ce que les autres ont fait avant nous. Copier, c’est inventer, renouveler, revitaliser le sens. S’imposer la grammaire d’un autre pour créer une nouvelle forme, c’est accepter le palimpseste, le revendiquer, à travers la reprise, le recyclage. Recycler, c’est remettre dans le circuit.
Dire RE, ce n’est pas dire IDEM car ce qui revient ne revient jamais à l’identique. Faire œuvre de palimpseste ce n’est pas seulement reprendre les images d’autrui mais leur trace, leur écho, leur empreinte, leur projet pour les déconstruire, pour les reconstruire, les critiquer, leur reconnaître la force du questionnement ou tout simplement celle du plaisir.
On peut parler d’appropriation si « des artistes copient consciemment et avec une réflexion stratégique » les travaux d’autres artistes. Dans ce cas, l’acte de « copier » et son résultat doivent être compris également comme de l’art (sinon, on parle de plagiat ou de faux). On problématise ainsi les éléments fondamentaux du monde de l’art que sont la paternité de l’œuvre, l’authenticité, la créativité, la propriété intellectuelle, la signature.
Comment pouvons-nous créer un discours sur cette question de la survie en n’utilisant qu’un matériau externe à notre propre création, en allant puiser dans la grammaire d’un autre, en réemployant le matériel esthétique des autres et en le refondant afin de générer un nouveau sens riche non plus seulement de notre invention mais de notre regard sur celle des autres.

Et si au final copier était ce geste qui nous permettra de trouver les moyens de survivre ?